5ème ETAPE DE PARIS BREST EN VELO
Jean-Marie, malade BPCO, en route vers Mamers
Après avoir expliqué aux membres du Lyon's Club ce que veut dire BPCO, Jean-Marie poursuit sa route d'une colline à l'autre, parsemées de primevères et de violettes. Les côtes sont nombreuses et notre cycliste peine à la tâche. Pas question pour autant de sauter dans la voiture pour s'économiser en vue de la réception qui les attend, tous les trois à Mamers (photo). Le comité d'accueil aura tôt fait d'effacer les douleurs de la journée et des 53 kms parcourus.

La veille (21 avril), nous avons été invités à une soirée chaleureuse en présence des membres du Lyons’club de Nogent le Rotrou – Jean-Marie devant faire une « conférence » pour présenter son défi, et le replacer dans la question plus générale de la BPCO et des insuffisants respiratoires. Cette soirée confirme ce que nous savons déjà : la BPCO n’est pas connue – mais dès que le lien avec le tabac est fait, les personnes souhaitent connaître et comprendre ce qu’elle est, et ses conséquences. C’était le cas de cette soirée, où Jean Marie et Joëlle – qui connaît très bien l’aspect technique des différentes machines – ont fait l’objet de très nombreuses questions – le tout avec un excellent repas. Retour à 23 h.
Le lendemain, trois bonnes surprises : un article dans l’Echo, très bien fait, avec superbe photo de Jean-Marie qui était en début de côte et sous la bruine ; un représentant du maire qui vient féliciter Jean-Marie avant son départ et lui remet un magnifique guide du Perche ; et l’un des cyclistes qui nous avait accueilli nous attend, de vélo ferme, M. Denormandie 70 ans, ex-commissaire de course des 24 heures du Mans (pendant 43 ans ! fana de Ferrari) et passionné de vélo depuis toujours : il va nous conduire sur un chemin différent, qui nous rallonge d’une dizaine de kms, mais qui évite les trop fortes montées. Le paysage est magnifique, et le temps un peu nuageux n’est ni froid ni pluvieux, ni venteux. M. Denormandie nous quitte à Dorceau – juste avant les côtes percheronnes bien connues – mais en nous prévenant que ces montées seraient désormais inévitables…
En effet, nous allons rouler de côtes en côtes, dans un paysage de collines printanières, de primevères, des violette – rien à redire sur le décor, il est parfait. Les côtes aussi, mais nous constatons à nouveau que – contrairement à ce qui est indiqué sur les cartes – il y a nettement beaucoup plus de montées que de descentes… et beaucoup plus longues !
Nous décidons de changer encore d’itinéraire – sachant que les grosses départementales que nous devions suivre sont chargées en voiture, et que, de toutes façons, elles montent autant que les petites voies campagnardes. Début difficile pour Jean-Marie, car si les paysages sont de plus en plus beaux, les côtes également. C’est pourtant sans regret que nous allons traverser de jolis petits villages, et même emprunter dans un calme et un silence reposant une route forestière qui traverse le forêt de Bellème – ville que finalement nous éviterons. Il y aura encore des côtes, toujours – nous devions arriver à Mamers pour 17 h, et à 7 kms de la ville, un coup de téléphone nous indique que la mairie nous attend… Jean-Marie est un habitué des arrivées à l’heure, voire en avance – il stresse, et a du mal avec les montées. Je lui propose d’appeler Joëlle, qu’elle vienne nous prendre pour les 4 derniers kms avec sa voiture : refus catégorique « quand on fait un défi, on va jusqu’au bout, sauf en cas de nécessité absolue ». Et nous terminerons avec parfois des petites marches à pied notre itinéraire – arrivée à Mamers en descente, sauf que la mairie… est en haut d’une côte. Jean-Marie est fatigué, mais il monte la côte sans hésiter et arrive devant la mairie en vélo.
Il a eu raison : malgré notre retard d’une heure, c’est un accueil chaleureux avec applaudissements qui attend Jean-Marie ; le maire et la 1ère adjointe sont présents, ainsi que des représentants d’associations : Lyons Club et Rotary Club, cyclistes ayant fait plusieurs Paris-Brest (le vrai), associations d’handicapés (nous espérons ne pas avoir oublié quelqu’un). La mairie est très belle, les personnes présentes attentives et amicales ; il y a des petits fours et du cidre de perche, délicieux (mais nous aimons le cidre..), Jean-Marie est interrogé sur sa maladie, sur son défi. Un médecin connaissant bien la BPCO est étonné – il dit lui-même : sidéré - des possibilités d’un insuffisant respiratoire sous oxygène, et de l’apport de l’effort physique [ma position depuis toujours : l’activité physique, c’est un médicament, non remboursé par la sécurité sociale] ; il constate que Jean-Marie, après ces efforts physiques intenses, est en pleine forme pour répondre aux questions, qu’il a parfaitement récupéré de son effort – et pense que ce défi peut permettre aux médecins d’approcher différemment les malades.
La réception du maire si chaleureuse se termine, et nous rejoignons notre hôtel.
Saturation de JM – il lui semble que c’est important de la vérifier après de gros efforts (long temps de pédalage, montées fortes, etc.) Là nous ne nous sommes pas arrêtés pour manger à midi.
- 1ère côte après Nogent le Rotrou, JM étant un peu fatigué après la conférence du soir, le départ est un peu difficile : 80 à 93 en moins d’une minute sous D2 Hélios
- Après plus de 10 kms de pédalage sans arrêt, plutôt en plat : 84 à92 sous D2,5 Hélios
- Vers 13 h, après 2 kms de côte : 87 à 94 sous D 3 Hélios
- 16 h (encore 2 h de route) – parcours totalement en côtes importantes : 86 à 92 (D 3 hélios)
Sylvia