8ème ETAPE DE PARIS BREST EN VELO
Jean-Marie, malade BPCO, en route vers Sens
L'étape de 53 km conduit Jean-Marie de Ernée à Sens. FR3 interrompera le parcours pour le plus grand bonheur de notre cycliste qui sera interviewé deux heures durant. Ajouté à une panne, le peloton prend du retard, qu'il comblera pour arriver à l'heure à la mairie de sens où l'attendent aussi des représentants d'associations de malades.

Départ du beau Logis de France où nous avons dormi : on nous y photocopie l’article d’Ouest France - qui est sorti aujourd’hui, avec photo de Jean-Marie et belle présentation de son défi – et l'aubergiste nous offrira les repas. Et nous aurons une autre bonne surprise : le beau temps annoncé par météo-France pour dimanche dernier semble se concrétiser (soit six jours plus tard…)
Selon notre habitude, nous prenons les petites routes, pour éviter les nationales trop dangereuses, qui ne sont prévues que pour les voitures et les camions. Et le paysage est toujours aussi beau, tranquille, quelques fermes au milieu de prés, des petits bois, des prairies et des vaches qui nous regardent extrêmement intéressées – et des côtes, bien sûr, raisons aussi de la beauté du paysage.
Les premières côtes sont toujours un peu difficiles pour Jean-Marie – néanmoins les tests de saturation ne sont jamais mauvais : 88 à 93 le premier. Nous ne vérifions sa saturation que sur un délai d’une minute, l’essentiel étant de s’assurer qu’il ne désature pas.
Progressivement, le soleil s’installe – heureux, nous envisageons de quitter nos habits de froid pour une tenue plus légère – et c’est la panne ! La deuxième : une nouvelle crevaison du pneu avant de Jean-Marie.
Catastrophe : la première chambre à air n’a pas été réparée hier soir. C’est Joëlle qui a tout le matériel, apparemment elle ne nous entend pas, elle est loin quelque part à nous attendre. C’est le moment que choisit FR 3 pour appeler Jean-Marie et demander par où passer pour le rejoindre : ils souhaitent faire un reportage sur son défi.
Joëlle la sauveuse arrive, et c’est le grand moment de la réparation ; nous nous y mettons tous les trois, Joëlle ayant eu une grande habitude du vélo, et nous racontant ses exploits passés. Il faut détecter les minuscules trous de la chambre à air – nous les découvrons, Jean-Marie étant certain qu’un élément tranchant est resté dans le pneu qu’il change immédiatement (en effet, c’est un minuscule morceau de fer rouillé qui a crevé les deux chambres à air). Il faut râper (çà c’est Joëlle), coller la rustine, gonfler le tout et remettre la roue du vélo. C’est le moment que choisit FR 3 pour arriver.
Journaliste et cameraman vont donc filmer la fin de réparation, filmer et interviewé Jean-Marie pendant près de 2 heures, sous un soleil de plus en plus magnifique. Le reportage passera le soir sur FR 3 : nous le regarderons, et c’est une excellente surprise : la présentation est aussi intelligente que sensible, surtout pas dans le registre pitié (le pire que l’on puisse faire pour n’importe quel « malade ») et fait passer le message de Jean-Marie autour des questions du statut des insuffisants respiratoires, de la distribution d’oxygène, et de la joie de vivre même appareillé. Merci à eux !
Nous repartons, moins habillés tant il fait chaud (nous sommes en Bretagne – les Bretons nous soutiennent qu’ici c’est soleil et chaleur) et après plusieurs côtes, à 4 kms de Fougères, Joëlle fait une proposition qui convient à Jean-Marie : nous avons rendez-vous à 18 h à la mairie de Sens de Bretagne, nous n’y arriverons jamais avec le retard que nous avons pris ; elle va nous véliporter pour nous éviter le passage de Fougères, très compliqué et tout en côtes. Nous reprendrons les vélos ensuite, traversant des villages déjà très bretons, sous un soleil de plus en plus chaud, pour arriver à Sens de Bretagne en avance d’une heure…
Affolement de personnes déjà présentes : ils sont déjà là, vite, il faut prévenir le maire. Nous l’y retrouverons, ainsi que deux personnes très motivées qui, pour soutenir le défi de Jean-Marie, vont lui remettre deux chèques (photo) pour son association (l’ALDDIR) : Loïc LE BEUZE, un kiné travaillant pour l’AIR de Bretagne, en relation avec un service hospitalier, qui a mis en place un vrai suivi respiratoire, avec des techniques adaptées pour permettre aux personnes de récupérer progressivement un statut qui ne soit pas en permanence d’affolement respiratoire, d’angoisse, et de difficultés à surmonter : il n’y a pas encore beaucoup de kinés aussi motivés, aussi compétents, travaillant avec des questionnaires pour les malades afin d’évaluer leurs problèmes, de d’y répondre de manière adaptée. Jean-Marie récupère ses documents extrêmement bien faits, à faire connaître absolument, y compris dans le milieu médical.
Jean-Jacques Blancher, président d’une association d’insuffisants respiratoires (l'ABMR), atteint d’un cancer du fumeur, et trachéotomisé, qui se bat avec humour et optimisme pour vivre. C’est un passionné de nouvelles technologies, internet n’a plus de secrets pour lui – il va filmer sur son appareil numérique le reportage de FR 3 pour le transmettre à la FFAAIR.
Dans le cadre de ce « défi », Jean-Marie ne dira jamais assez son bonheur de rencontrer tant de personnes solidaires et motivées, avec une approche intelligente de l’insuffisance respiratoire et des questions qu’elle pose aux personnes qui en sont atteintes.
Sylvia