9ème ETAPE DE PARIS BREST EN VELO
Jean-Marie, malade BPCO, en route vers Quédillac
Sur le chemin qui mènera Jean-Marie à Quédillac, ville d'étape, les rencontres se multiplient. Les malades BPCO ou des membres de leur famille viennent l'interroger sur la façon dont un insuffisant respiratoire sous oxygénothérapie peut circuler en France aujourd'hui. La question récurent s'inscrit sur la route de Paris Brest. Elle attend des réponses auxquelles la FFAAIR va s'efforcer de répondre, avec l'aide de tous les prestataires.

Le départ n’est pas terrible : Jean-Marie veut absolument partir très vite, ne me laissant pas le temps de terminer le petit rapport de la veille et de l’envoyer. Or le matin, il a toujours besoin d’un temps de reprise d’activité cyclopédique – environ une heure pour que Jean-Marie se sente à l’aise sur son vélo. Finalement, Sylvia part en avant rouler jusqu’au prochain village à 6 kms pour l’attendre, le temps de se prendre un petit café tranquillement, en prévenant Joëlle, qui va mieux aujourd'hui et retrouve le sourire (photo). Mais inquiétude : le téléphone de Jean-Marie ne répond pas… Il arrive enfin une heure après, et confirme : il a perdu son téléphone. Le temps d’appeler l’opérateur pour bloquer la carte SIM [avez-vous essayé ? Le délai -10 minutes d’attente - n’est rien à côté des divers messages commerciaux d’attente que l’on subit] et nous repartons ; il fait beau, les côtes ne sont pas catastrophiques, ou bien JM s’habitue ?
Cette journée de vélo a été globalement la plus réussie pour Jean-Marie : nous faisons quelques kilomètres de plus, mais surtout nous arriverons largement en avance à Quedillac, à 16h30, alors que nous devions y être à 18 h. Un exploit, puisque Jean-Marie a très peu mis pied à terre, sauf dans quelques côtes un peu dures. Il a été interpellé par une personne qui voulait absolument le voir : son épouse est atteinte de BPCO, mais elle est sous concentrateur qui l’empêche de se déplacer hors de chez elle. Il souhaite lui poser de nombreuses questions : Jean-Marie prend ses coordonnées et surtout le renvoie sur la FFAAIR et les associations locales. Il est clair qu’après le reportage sur FR 3, beaucoup le reconnaissent et lui posent des questions. Les retombées de ce reportage intelligent, qui pose bien les questions et évoque la situation des oxygéno-dépendants et des insuffisants respiratoire, ont été visibles. A Tinténiac, c’est la fille d’une dame dans la même situation qui souhaiterait poser des questions : comment faire pour se déplacer hors de chez soi ? C’est la question qui revient systématiquement, inquiétante et récurente, signifiant que l’autonomie des personnes oxygéno-dépendantes n’est pas toujours un objectif bien compris.
Cette journée ensoleillée, où nous prenons des coups de soleil, a été pour Jean-Marie un beau moment de satisfaction sur le plan de son défi physique : pas trop de fatigue, rythme régulier dans les paysages désormais bretons toujours aussi beaux. L’arrivée si tôt a surpris tout le monde, mais c’est aussi une forme de détente pour nous, puisque nous avons le temps...de prendre le temps.
Sylvia