Site mis à jour le 26-01-2010

10ème ETAPE DE PARIS BREST EN VELO

Jean-Marie, malade BPCO, en route vers Moncontour

Les cyclotouristes sont nombreux à accompagner l’équipe du Paris-Brest lors de cette étape qui conduira nos amis au village perché de Moncontour. Sur la route, le « Défi » en croise un autre : celui du Tour de Bretagne, dont les cyclistes filent à vive allure. Ceux là n’ont pas besoin d’oxygène pour avancer.

Nous partons tôt – autrement dit vers 9 h de Quedillac (photo), un bonheur pour Jean-Marie : enfin nous respectons l’horaire du programme « Défi » qu’il a soigneusement élaboré tout seul. Nous avons encore été accueillis chaleureusement – est-il besoin de le dire ? Le maire est le chef cuisinier de l’hôtel où nous nous trouvons, qui vient nous soutenir ce matin-là, avec des cyclotouristes de la ville qui sont déjà là pour nous accueillir. Ils nous souhaiterons chaleureusement très bonne route.

Tout au long du parcours, les clubs cyclotouristes nous ont accueillis, soutenus, voire accompagnés. Ce n’est pas facile pour eux : nous ne sommes en effet que des randonneurs à vélo – on pourrait même dire pour que la distinction soit plus claire que nous faisons partie de cette famille de « randonneurs pédestres à vélo », qui voyagent, prennent leur temps, la tête au vent, à regarder les paysages, à écouter les petits oiseaux, qui ne pédalent pas dans les descentes, qui montent tranquillement les côtes et descendent sans honte de vélo pour les terminer à pied. Nous n’avons pas de costume particulier – sauf pour la pluie. Mais nous avons rencontré une grande solidarité chez les cyclotouristes (Photo) qui eux font réellement du vélo par passion pour la petite machine, la tête casquée dans le guidon, grimpant les côtes presque aussi rapidement qu’ils les descendent, avalant des kilomètres par tous les temps.

Nous sommes différents, et malgré cela, ils nous ont soutenus partout, en respectant notre façon d’être tranquille de randonneurs, avec nos vélos un peu lourds, chargés de choses sans doute superflues, avec nos vêtements hétéroclites à l’opposé des costumes serrés et souples adaptés au cyclotourisme.

Qu’ils soient remerciés.

Selon notre habitude, nous prendrons des petites routes pour rouler dans les beaux paysages du coin – malheureusement, au bout de 15 kms, nous constatons que les orages prévus par météo-France sont bien là, ils ne se sont pas trompés. Les éclairs sillonnent les gros nuages noirs, on voit la foudre tomber au loin ! Je décide qu’il n’est pas question que Jean-Marie roule sous l’orage avec son portable à oxygène. Nous appelons Joëlle qui va donc nous véliporter juste à temps, sous une pluie torrentielle d’Eréac à Collinée (une dizaine de kms) – et là, bonne surprise : pas d’orage, du beau temps !

Joëlle va nous concocter un itinéraire superbe, nous dit-elle. Jean-Marie évite la grosse montée de Moncontour et surtout : c’est un chemin vicinal tranquille, enfin plus de voitures pour nous ennuyer… Le temps qu’elle nous l’explique, 4 voitures sont pourtant déjà passées par là. Jean-Marie et moi nous lançons donc sur la jolie petite route, qui monte beaucoup – mais nous devons nous pousser pour laisser passer plusieurs voitures de face, puis des gendarmes à moto qui se succèdent, encore des voitures – il semble que la tranquillité prévue par Joëlle soit légèrement troublée. Est-ce une fête de gendarmes, vu le nombre ? L’un d’eux soudain nous dit : « Cà y est, les cyclistes arrivent »… Gagné Joëlle pour la tranquillité !

Elle nous a fait passer par l’itinéraire du Tour de Bretagne que nous regarderons intégralement, les premiers, le peloton, les pauvres derniers, les voitures suiveuses, les voitures suivies, les ambulances, les télés, les radios. Nous sommes restés plus d’une demi-heure sur le bas-côté, admirant la vitesse des cyclistes ; et sans complexe, nous finirons la montée à pied, histoire de voir le magnifique paysage avant de prendre la petite route qui descend intégralement jusqu’à Moncontour, un bonheur de cyclistes avec une pensée pour le Tour de Bretagne qui vient de grimper ces 8 kms dans l’autre sens.

Arrivée à 15 h 30 – on nous attend ce soir là-haut à la mairie, sur les hauteurs de la ville..

Faut-il le dire ? Nous ne nous y attendions pas : dimanche, les mairies se mettent au vert, tout semblait désert, nous pensions qu’il n’y aurait rien ni personne. Nous nous sommes promenés dans les rues de cette splendide ville forteresse du Moyen-âge de 48 ha, nous a-t-on expliqué, classée au patrimoine historique, où se déroule tous les deux ans une fête moyenâgeuse en costume et musique à laquelle tous les habitants participent.

Revenant à la mairie vers 18 h, nous constatons qu’ils sont bien là, ce dimanche – le maire Jean-Jacques Bizien, ses adjoints, des personnes intéressées, des journalistes locaux – avec un accueil sympathique au possible, chaleureux et drôle – et remise solennelle de la médaille de Moncontour à Jean-Marie, ainsi qu’une cassette de la musique du Moyen-Age jouée pendant les célèbres fêtes moncontouroises. Il ne faut pas oublier la remise touchante de jolis dessins d’enfants faits spécialement pour Jean-Marie.

Le maire, ancien médecin, va présenter la BPCO de manière claire et concise, ce qui permet à Jean-Marie d’évoquer les raisons et les objectifs de son défi ; tous les participants posent des questions à Jean-Marie, avant l’apéritif servi avec une bouteille de liqueur Moncontour ouverte spécialement. L’épouse d’un insuffisant respiratoire est même venue spécialement pour avoir des informations, notamment sur l’autonomie possible sous oxygène ; elle va convaincre son mari de venir le voir demain, à notre prochaine étape.

Sylvia

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