Site mis à jour le 26-01-2010

12ème ETAPE DE PARIS BREST EN VELO

Jean-Marie, malade BPCO, sur la route de La Feuillée

La fatigue s'accumule, mais le moral reste bon pour cette 12ème étape, et surtout l'envie d'achever ce défi demeure intacte. Joëlle est toujours fidèle au poste dans cette randonnée qui, sans sa présence, eut été impossible. François Léon, président de RESPIRE vient à la rencontre de nos randonneurs.

Départ de l’hôtel – mais pas en vélo : il fait froid et pleut à torrent, et nous devons effectuer quelques tâches matérielles (lavage, récupération d’un téléphone mobile pour Jean-Marie) – ce qui tombe bien : nous allons prendre un peu de repos, car comme Ouest France le rapporte à propos du Tour de Bretagne que nous avions croisé dimanche, « avec l’accumulation de la fatigue, [beaucoup de coureurs dans le peloton] plient les ailes et çà peut se comprendre ». Un tel exemple nous autorise à plier nous aussi un peu les ailes, vu les côtes, le vent de face et la pluie que nous avons déjà courageusement – surtout Jean-Marie – affrontés hier.

Joëlle va donc nous emmener jusqu’à l’hôtel réservé à Huelgouat, situé en face d’un magnifique grand lac. Le défi de Joëlle Heurtel - elle aussi oxygéno-dépendante -, qui nous accompagne en voiture depuis Paris, n’a sans doute pas été suffisamment évoqué ici. Pourtant sans elle, ce Paris-Brest n’aurait pas pu se réaliser : outre qu’elle transporte l’essentiel de nos bagages, Joëlle est pour nous une présence constante, patiente et attentive, très intelligente, explorant les petites routes pour nous trouver le meilleur itinéraire, rebroussant chemin au moindre appel de notre part, nous attendant à chaque détour de route, nous doublant, revenant en arrière pour ne pas nous perdre - donnant aussi son opinion fermement sur certains points, mais respectant profondément les positions éventuellement différentes que nous pouvons prendre.

Joëlle est une battante, une optimiste qui n’a jamais montré sa fatigue, même à Sens de Bretagne, quand elle n’avait pas été bien. Jean-Marie le lui a déjà dit : c’est une chance que ce soit elle qui ait accepté d’assumer une telle responsabilité, bien ingrate, avec des contraintes qui excluent toute possibilité pour elle de faire un peu de tourisme dans les régions traversées. Et elle rencontre les mêmes problèmes que Jean-Marie autour de l’oxygène, puisqu’elle effectue elle aussi un voyage de 15 jours.

Huelgoat, c’est notre avant-dernière étape – déjà ; malgré le froid, le vent et la pluie, Jean-Marie veut respecter son défi et faire à vélo la dizaine de kilomètres qui nous séparent de La Feuillée où il est attendu. Il va d’ailleurs rallonger un peu l’itinéraire : il y a bien une petite route qui longe le lac, plutôt plate et en descente, permettant de couper en diagonale la grosse départementale de Morlaix et de raccourcir la route vers La Feuillée, un petit bonheur de cycliste… qui ne sera pas pour nous. Car Jean-Marie prend l’initiative de partir vers le haut d’Huelgoat, une côte sans fin très dure, faite à pied, sous une grosse pluie, en assurant que « c’est par là ». Certes - avec 4 kms de plus en côtes. Je m’énerve, certaine que ce n’est pas la bonne route, mais revenir en arrière, c’est courir le risque de devoir remonter. « Après tout, les côtes c’est bon pour moi », dira Jean-Marie avec mauvaise foi. Retour à la départementale, avec les voitures et les gros camions qui foncent, nous éclaboussent et nous déséquilibrent. Et vent de face, grosse pluie torrentielle, un peu de soleil, pluie à nouveau – rien ne change depuis hier.

Nous arrivons trempés à La Feuillée qui, comme la plupart des villages que nous traversons, est située en haut d’une longue côte, signifiant une belle vue sur un beau paysage, mais surtout un dernier effort pour JM.

Là, dans une très jolie mairie, Jean-Marie va rencontrer celui qui, depuis le début du parcours, a organisé la communication pour que ce Paris-Brest particulier soit connu en contactant avec un extrême dynamisme les clubs de cyclotourisme, les réseaux associatifs, la presse locale et régionale, les mairies : François Léon, de la FFAAIR, ancien cycliste lui-même ayant fait le « vrai » Paris-Brest, et qui malheureusement ne peut plus faire de vélo, car il est atteint de graves arthroses à la colonne vertébrale. Jean-Marie est très heureux de le voir enfin : il ne connaissait que sa voix, puisque chaque jour François Léon l’appelait. Nous le reverrons demain, à Landernau – le 13ème jour, chiffre heureux, c’est certain.

Sylvia

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