Site mis à jour le 26-01-2010

Quand les insuffisants respiratoires marchent

« Le souffle en marche » sur la route de St Jacques de Compostelle

 

Ils sont trois médecins et deux professionnels de santé à encadrer un groupe de 13 marcheurs insuffisants respiratoires chroniques - dont 4 sont sous oxygène – pour une étape annuelle sur la route de St Jacques de Compostelle. Le départ a été donné le 26 avril dernier.

 

L’objectif principal de cette marche est de faire connaitre une des facettes de la réhabilitation respiratoire (l’effort physique d’endurance) aux malades dyspnéiques mais aussi aux médecins, pneumologues ou non. Afin de prendre le relais des séjours de réhabilitation, dans un désir d’autonomie et de confiance en soi de malades chroniques, Le Souffle en Marche propose un objectif passionnant, merveilleux et un peu insensé mais réalisable si les conditions de sécurité sont suffisantes.

Le projet a vu le jour il y a déjà plusieurs années, mais n’a pu aboutir qu’avec l’aide de la Clinique du souffle par l’intermédiaire des Drs Jacques Desplan et Dominique Bourgouin.

Ils ont contribué à l’élaboration de cette sécurité.

Une première étape a été faite en mai 2008 de Mirepoix à Saint Girons, après quelques étapes en altitude dans les Pyrénées Orientales. La plupart des personnes concernées par ce premier voyages sont candidats à la suite jusqu’à Compostelle.

Nous avons préféré, cette année, recommencer cette même étape (en partant de Carcassonne) afin de roder notre expérience et en ne pratiquant que les chemins véritables de Compostelle.

De Carcassonne à St Girons

Comme l’année dernière, le rassemblement a eu lieu le 23 avril à la Clinique du souffle « La Solane » afin de poursuivre l’évaluation des patients, précédemment connus sur dossier et acceptés après certificat des pneumologues référents (1).

La première journée a été consacrée à la pratique d’épreuves d’effort complètes et à la présentation de l’équipe, du parcours et de l’organisation des étapes.

Quelques malades sous oxygènes à l’effort ou très déconditionnés formaient un groupe distinct du reste du groupe plus entrainé.

Le véritable départ a eu lieu le 25 avril de Carcassonne pour aller à Montréal avec un groupe assez homogène pour première une étape de 14 kms …pendant une longue journée de forte pluie.

Sacs, chaussures et autres vêtements trempés n’ont pas diminuer le moral des 13 marcheurs (et de l’équipe accompagnante…). Les haltes ont été réduites, les contemplations de paysages improbables avec un ciel bas et un mur d’eau. Le soir, tout paraissait douillet, dans un hôtel confortable de Carcassonne. L’équipe était soudée

Les deux groupes, précédemment définis, ont été séparés après le pique-nique du midi, le groupe le moins rapide ayant un parcours plus court que l’autre. Tout le monde est arrivé en même temps, dans le même (bon) état, avec des souvenirs plein la tête.

Ces deux jours se sont enrichies des visites de la collégiale de Montréal et de celle de Fanjeaux avec notamment un concert privé de l’organiste en titre, tous le groupe réuni entre les deux bahuts, à 15 m d’altitude s’émerveillant du spectacle unique du jeu des pieds et des mains d’un artiste de 80 ans, passionné et talentueux .

Le souffle en marche, c’est cela ! De l’exercice d’endurance tous les jours (la marche), au rythme de chacun, dans les meilleures conditions de sécurité dans un contexte historique, géographique, botanique et spirituel riche. En n’oubliant pas la convivialité et le plaisir.

La deuxième semaine de marche a révélé le bien fondé de la répétition de l’exercice. Outre quelques petites plaies habituelles dues aux frottements (ampoules, douleurs et autres petites tendinites), le « pèlerin » devient plus sûr de ses capacités, de son équilibre et de ses limites. En fait, il se connait mieux. Il s’assure. Il découvre qu’il amplifiait les difficultés et qu’il avait perdu le plaisir de l’effort prolongé, celui qui est supportable grâce aux endorphines, celui qui permet des pensées positives et d’explorer les autres avec patience et joie.

Et les joies se sont succédées ces derniers jours avec des paysages d’Ariège, magnifiques et variés, des rencontres insolites, humaines bien sur, mais aussi animales et botaniques.

Et puis un accueil culturel à Vals, joyaux roman, un peu château, un peu église, un peu roché.

Un accueil culinaire (et associatif) à Mirepoix grâce à Isabelle, présidente de l’ADIR et productrice de pommes.

Un accueil chaleureux à Pamiers dans une ville de contraste dont la visite s’est terminé par un concert de carillon, en haut de la tour de la cathédrale (176 marches)

C’est cela le chemin de Compostelle. La découverte de soi et des autres, à travers un pays, aujourd’hui la (douce) France, demain l’Espagne.

L’oxygène, avec Le souffle en marche, n’est plus un obstacle mais devient un outil qu’il importe de maitriser pour poursuivre le chemin. L’essoufflement s’apprivoise…

 


Drs Philippe Guérin, Dominique Bourgouin et Alain Warnery

(1) voir site www.lesouffleenmarche.fr

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