« Les Marches pour lutter contre la BPCO »
Un an pour convaincre
Le 31 janvier a été marqué, depuis la citée phocéenne, par le lancement d'une série de marches à travers différentes villes de France pour témoigner de la nécessité de lutter contre la BPCO et de prendre les mesures de dépistage et de prévention qui s’imposent. Grenoble sera la 2ème ville étape le 28 mars prochain.
Tout sur : http://www.lesmarchesbpco.fr/

Le 16 décembre dernier a marqué le point de départ d’une nouvelle campagne nationale de sensibilisation du grand public – malades et non malades, fumeurs et non fumeurs – sur un fléau mondial qui, malgré des alertes renouvelées chaque mois de novembre lors d’une Journée Mondiale spécifique, ne baisse pas la garde. Il s’agit en l’occurrence de ce « tueur silencieux » qu’est la Broncho pneumopathie chronique obstructive (BPCO) qui frappe un nombre croissant de nos concitoyens (3,5 millions, soit presque autant que les malades asthmatiques) et tue quelque 18 000 personnes (soit presque autant que le nombre de décès par cancer du poumon imputable au tabac). Cette maladie silencieuse, encore trop méconnue et surtout sous diagnostiquée est aujourd’hui la 2ème maladie respiratoire après l’asthme. Elle constitue la 6ème cause de mortalité en France. Elle sera la 3ème cause en 2020 si rien de sérieux n’est fait avant cette date. C’est dire l’importance qu’il peut y avoir à remobiliser sur un sujet mal compris des médias, surtout au moment où le tabagisme, loin de reculer dans notre pays, reprend du terrain, y compris dans ces lieux publics d’où la loi devrait l’avoir banni. « Le malade BPCO est un patient qui s’ignore depuis trop longtemps, commente à cet égard Alain Muriez, coordonnateur BPCO au sein de la FFAAIR. Faute d’un diagnostic précoce et d’une prise en charge adaptée, la maladie retentit fortement sur la qualité et l’espérance de vie des personnes concernées ». Il y a certes eu un « Plan BPCO » mis en œuvre pour les années 2005-2010. Mais depuis quelques mois, faute d’une volonté publique affirmée, le silence règne sur cette maladie, qui comme tant d’autres, s’est vue reléguée loin des priorités gouvernementales de santé publique, loin, très loin derrière la grippe H1N1.
Sensibiliser le plus grand nombre
D’où l’urgence de relancer le débat : les « marches pour lutter contre la BPCO », qui seront lancées de mois de janvier « visent ainsi à sensibiliser le plus grand nombre aux conséquences irréversibles d’une pathologie dont on peut réduire les répercussions grâce à un diagnostic et une prise en charge précoces », explique Jean-Baptiste Mollet, directeur du Comité national contre les maladies respiratoires (CNMR). Trois partenaires du respiratoire se sont ainsi associés pour une campagne qui sillonnera la France jusqu’en janvier 2011. Il s’agit de la FFAAIR, présidée par Jean-Claude Roussel, du CNMR et de la Fédération française d’athlétisme (FFA). Le bus itinérant qui traversera l’Hexagone s’arrêtera ainsi dans 10 villes (1) où toute personne le souhaitant pourra bénéficier d’une mesure de son « âge pulmonaire » par un professionnel de santé et bénéficier de toutes les informations utiles sur la maladie, ses conséquences et les moyens d’y faire face.
Pour la 1ère fois en France, les Français pourront également s’initier publiquement à la marche nordique, grâce au concours de la FFA, ce à travers des étapes d’informations animées par des coachs athlé santé et des professionnels de santé. Le Nordic Walking », un nouveau sport santé venant de Finlande sollicite le système cardio-vasculaire et toutes les chaînes musculaires et articulaires du corps. Cette marche nordique améliore la respiration, augmente l’amplitude pulmonaire : l’oxygénation enregistre une augmentation qui peut atteindre 60% par rapport à la marche classique. Elle permet d’engager, de manière nouvelle et originale, des malades BPCO sur des programmes de réentraînement à l’effort, à leur rythme et mesure, et ainsi d’éviter cette spirale fatale qui conduit certains à s’enfermer chez eux, sur eux-mêmes et d’être de moins en moins capables de bouger.
Au total, les partenaires de cette opération originale de sont donner un an pour faire connaître les 4 lettres – méconnues – d’une maladie chronique grave des poumons. L’objectif est de marcher et de respirer en s’informant. Ne manquez pas l’étape de votre ville et n’hésitez pas à mesure votre souffle, que vous soyez ou non fumeur. Car la mesure du souffle pour connaître son âge pulmonaire est un acte indispensable à la sensibilisation et au dépistage de la BPCO. Cette mesure sera effectuée par des médecins à bord du bus itinérant au cours de la campagne « Les Marches pour lutter contre la BPCO »
JJC
(1) 31 janvier à Marseille, 28 mars à Grenoble, 11 avril à Pau, 23 mai à, Clermont-Ferrand, 20 juin à Metz, 18 juillet à Brest, 19 septembre au Mans, 17 octobre à Reims, 21 novembre à Montpellier, et enfin le janvier 2011 à Lille.
Le programme ville par ville est consultable sur : www.lesmarchesbpco.fr
Le saviez-vous ?
Chaque année, la BPCO se traduit par :
- 40 000 nouveaux malades (*) admis au régime de l’affection de longue
durée (ALD) pour insuffisance respiratoire chronique ;
- 100 000 malades (*) sous oxygène à domicile ;
- 800 000 journées d’hospitalisation (*) pour des exacerbations,
complications aiguës liées à la BPCO : surinfections pulmonaires,
insuffisance respiratoire aiguë.
(*) http://www.sante-sports.gouv.fr/qu-est-ce-que-la-bpco.html
Le tabac, premier facteur de risque de la BPCO
Le tabac est indiscutablement le principal facteur de risque et le premier
facteur aggravant de la BPCO. On le retrouve en effet dans 80% à 90 % des
cas (**).
La plupart des malades de BPCO sont ainsi des fumeurs, d’anciens fumeurs voire des fumeurs passifs, victimes du tabagisme ambiant. Des substances inhalées en milieu professionnel, sont parfois mises en cause : poussières, fumées, gaz ou vapeurs toxiques. Ces facteurs provoquent l’irritation et la contraction chroniques des bronches. L’inflammation épaissit la paroi bronchique, rendant le passage de l’air plus difficile. Cette irritation chronique enfin s’oppose à l’élimination naturelle du mucus, aggravant l’obstruction bronchique.
(**) Société de Pneumologie de la Langue Française (SPLF) - Recommandations pour la prise en charge de la BPCO - Actualisation 2003. Masson.