Coût du tabac : une facture gigantesque !

L’alcool et le tabac représentent un « coût social » pour la France de l'ordre de 120 milliards d’euros chacun contre 8,7 milliards d’euros pour les drogues illicites, rapporte une récente étude consacrée au sujet (1). Le coût social engendré par le tabac doit être rapproché des 13,4 millions de fumeurs et le coût social de l’alcool des 3,8 millions « d’usagers à risques d’alcool ». Les buralistes qui ont récemment manifesté contre le "paquet neutre" - sans marque ni logo - seraient bien inspirés de tenir compte de ces chiffres. Le « coût des drogues pour les finances publiques » est élevé (1,1% du PIB), note l'étude citée. Chaque année, l’État doit payer 4,9 milliards pour l’alcool,14 milliards pour le tabac et 2,4 milliards d’euros pour les drogues illicites. "Ainsi, 33 % du déficit budgétaire français serait constitué par le poids négatif des drogues sur les finances publiques."

Quant aux recettes de taxation tirées de ces drogues, elles sont inférieures au « coût des soins ».

L’idée que les drogues comme le tabac et l’alcool "rapporteraient" à l’État des recettes est donc infondée. En comparant les « recettes de taxation » de l’alcool et du tabac (respectivement 3 milliards d’euros et 10,3 milliards d’euros), on constate que ces recettes sont inférieures au « coût des soins » (respectivement 8,5 et 25,9 milliards d’euros). La taxation sur les alcools ne représente que 37 % du coût des soins des maladies engendrées par l’alcool tandis que les taxes sur le tabac sont également insuffisantes à couvrir le coût des soins engendrés par ce dernier (40 %). Ici encore les buralistes seraient mieux inspirés de tenir compte du réel impact de leur activité, parfaitement nuisible pour la santé publique.

(1) Le coût social des drogues en France, par Pierre Kopp, Observatoire français des drogues et des toximanies, sept. 2015.

Plus qu'un long discours, deux tableaux publiés par l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies précisent les coûts sociaux, sanitaires et économiques du tabac en France aujourd'hui.

Ainsi 61 940 milliards d'euros ont été perdus en vies, 31 696 milliards renvoient aux pertes en qualité de vie et 8,639 milliards aux pertes de production. Si le tabac, par les dégâts qu'il cause a permis "d'économiser" 854 millions pour les retraites non versées, son impact en termes de coût des soins est considérable : 25,887 milliards !

Une somme à mettre en rapport avec les taxes encaissées sur le tabac, soit 10,397 milliards d'euros, et qui fait litière des arguments avancés récemment par les buralistes et les cigarettiers sur leurs soit disants apports au budget de l'Etat. Car le coût social du tabac est plus de 10 fois supérieur à son apport fiscal ! A bon entendeur !

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