Urgence pour la BPCO ! Oui, il n’est pas trop tard !

Le 18 novembre 2015 marque la date de la Journée Mondiale de la BPCO, une initiative mondiale qui vise à améliorer la sensibilisation du public sur cette maladie endémique, placée cette année sous le thème : « Il n’est pas trop tard ».

 

Cliquez ici pour retrouver toutes les actions qui auront lieu près de chez vous.

La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une maladie respiratoire chronique définie par une obstruction permanente et progressive des voies aériennes. En France, la BPCO touche 7,5 % de la population adulte, soit 3,5 millions de personnes. Sa cause première et principale est le tabagisme. « Cette pathologie méconnue des patients est sous diagnostiquée, analyse la Haute Autorité de Santé (HAS) : on estime qu’entre deux tiers et 90 % des personnes ne sont pas diagnostiquées. »

La détection précoce de la BPCO reste un enjeu majeur pour la prise en charge de cette pathologie. Elle repose sur un interrogatoire attentif permettant de détecter les patients à risque grâce à un questionnaire rapide en 5 questions permettant de déceler les principaux signes d'alerte de la BPCO.

Dans les faits, cette détection précoce est rarement menée par les médecins généralistes traitants. Son diagnostic peut être réalisé au cabinet médical du médecin traitant à l'aide d'une spirométrie, qui doit ensuite déboucher sur une évaluation complète de la fonction respiratoire par le pneumologue permettant notamment une évaluation de la sévérité et une aide au diagnostic différentiel (asthme). 

Quant à la prise en charge de la BPCO, cette dernière repose sur trois actions :

- l'arrêt du tabagisme,
- la réhabilitation respiratoire, en centre spécialisé ou en ambulatoire ;
- l'utilisation de thérapies inhalées (bronchodilatateurs associées ou non à des corticothérapies inhalées selon des indications bien précises en particulier spirométriques).

Ces trois actions supposent des accompagnements spécifiques qui, pour l’heure ne sont pas toujours à la hauteur des défis posés par l’ampleur de la maladie. L’arrêt du tabagisme par un soutien actif des fumeurs (prise en charge des substituts nicotiniques, accès facilité aux centres d’aide à l’arrêt du tabac) demeure insuffisant. Le nombre de centres de réhabilitation respiratoire est largement insuffisant pour répondre à la demande (des listes d’attente interminables) et la prise en charge du réentrainement à l’effort en ambulatoire est quasi inexistante. L'utilisation de thérapies inhalées doit également pouvoir s’accompagner d’une reprise de l’exercice physique, indispensable au malade BPCO pour éviter de sombrer dans une spirale de déconditionnement à l’effort (syndrome du canapé – télé)  

Ce constat, ajouté au bilan chiffré de la maladie (voir ci-après) militent pour une mise en alerte des pouvoirs publics. C’est le sens de la démarche engagée par Philippe Poncet (photo), sportif de haut niveau, atteint de BPCO, qui lancé un cri d’alarme en direction de la Présidence de la République.

Jean-Jacques Cristofari

---------------------------------------------

La BPCO en quelques chiffres

La BPCO touche 7,5 % de la population adulte, soit 3,5 millions de personnes

La BPCO est « un tueur silencieux », qui est responsable :
- de 17 500 morts par an en France,
- de 100 000 hospitalisations chaque année (essentiellement liées aux exacerbations), soit un total de 800 000 journées d'hospitalisation.

Près de 40 000 personnes entrent chaque année dans le régime des affections de longue durée (ALD 14) pour cause d’insuffisance respiratoire chronique grave.

La mortalité liée à la BPCO a diminué d’environ 1 % par an chez les hommes entre 2000 et 2010 ; mais elle a augmenté chez les femmes (+0,6 %). En France, en 2010, environ 18 000 décès étaient liés à la BPCO (BPCO en cause initiale ou en causes associées), dont 43 % en cause initiale. [Source : L’état de santé de la population en France, DREES, rapport 2015)

En 2010, les taux bruts de mortalité liée à la BPCO étaient de 98/100 000 adultes de 45 ans ou plus chez les hommes et 38/100 000 chez les femmes [Source Invs)

En France, en 2012, le nombre annuel d’hospitalisations pour exacerbation de BPCO se situait entre 95000 et 145 000 par an. Les hospitalisations pour exacerbation de BPCO ont augmenté entre 2000 et 2012, cette augmentation est plus importante chez les femmes (+ 6 % par an) que chez les hommes

Un coût très important pour la société :

Le plan BPCO 2005-2010 du ministère de la santé l'estimait à 3,5 milliards d'euros par an soit 3,5 % de l'ensemble des dépenses de santé. Ainsi le coût moyen par patient pris en charge est de l'autre ordre de 4 000 euros par an, sans parler des coûts indirects liés pour partie à la baisse de productivité des patients encore en activité.

Le coût moyen d’une oxygénothérapie à domicile est de 10 000 euros/an

Coût annuel moyen de prise en charge selon le stade de sévérité de la maladie
–       Stade II :         3697 euros
–       Stade III:        3813 euros
–       Stade IV:        7502 euros

Les coûts sont dus pour moitié aux hospitalisations
20 % des malades = 70 % des coûts

[Source Plan BPCO, HAS et CNAMTS)

Haut