1ère Rencontre  sportive  internationale des  malades  respiratoires : pari tenu et gagné à Hyères

Ils étaient une quinzaine de malades insuffisants respiratoires à s’aligner sur la ligne de départ de la course cyclosportive la Lucien Aimar, à Hyères le 4 septembre dernier. Le pari lancé par Philippe Poncet d'engager sur une course cycliste des malades respiratoires, en particulier souffrant de BPCO à un stade avancé, a été gagné. Les participants BPCO à "La Lucien Aimar - O2 & Cie : le souffle pour la vie" sont venus des quatre coins de France et de l'étranger. Ils ont couru des épreuves de 20 et 46 km.

«  Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait » ! Le bon mot de Mark Twain, maintes fois repris par d’autres, s’applique parfaitement à l’opération lancée par Philippe Poncet il y a tout juste un an. Celle-ci s’est achevée le 4 septembre dernier par l’engagement  de malades, dont des insuffisants respiratoires, sur une course cyclosportive dans le massif des Maures, à Hyères. L’idée initiale était de rassembler des malades souffrant de BPCO, sous oxygène ou pas, aux côtés d’autres personnes atteintes de diverses pathologies respiratoires, pour les faire courir ensemble à vélo, dans le cadre d’une rencontre sportive très fréquentée, « La Lucien Aimar », du nom du champion cycliste Français vainqueur il y a 50 ans, cette année, du Tour de France. Ce dimanche 4 septembre, ils étaient ainsi une bonne quinzaine sur la ligne de départ, venus des quatre coins de France et de l’étranger, soutenus par l’équipe o2&Cie des amis et parents ou accompagnants 02&Cie de la course, sur des parcours qui s’étendaient de 20 km pour les moins gaillards à 46 km pour les plus courageux.

Des associations de la FFAAIR au rendez-vous

Dénommée "La Lucien Aimar - O2 & Cie : le souffle pour la vie", l’opération a également porté sur ses fonds baptismaux la "World Team" (l’équipe mondiale) d’O2&Cie, créée par Philippe et soutenue notamment par Philips, Mundipharma, Agir à dom ou encore Pulmonix,  qui entend poursuivre en 2017 sa trajectoire de « mise en alerte » sur les fléaux de la BPCO à un niveau international, en commençant par les Etats-Unis. Si tout se passe bien, cette équipe mondiale, qui devrait s'étoffer d'éléments nouveaux, se retrouvera en juin 2017 à Philadelphie pour une nouvelle course aussi inédite que celle d'Hyères.

Pour la France, des associations membres de la FFAAIR s’étaient fortement engagées à Hyères. Huit personnes de l’AAIRN sont ainsi venues de Rouen, mobilisées par Patricia Louvel (photo), la présidente de l’association. Le doyen de son équipe, Jacques Leblond (photo) (80 ans), était sur l’épreuve des 20 km, ainsi que Thierry Paquet (53 ans), qui a couru les 46 km avec Alain Doeuve à ses côtés. L'AAIRN, très engagée sur la Lucien Aimar-O2&Cie avait même acheté des vélos pour la circonstance et ses participants aux épreuves se sont entraînés 5 mois avant la course.

L’ADIR 31 était aussi de la partie, avec Jean-Pierre Ligonnet, un toulousain de 71 ans, frappé récemment d’un cancer du poumon et qui s’est engagé sur les 46 km. Isabelle Vera, la présidente de l’association toulousaine avait encouragé Daniel Antoine (61 ans, BPCO stade 4) à venir animer au piano numérique les moments festifs de la rencontre, ce qu’il fit avec brio et succès. J-P Vasseur, président de Calais Respire, était aussi présent avec son équipe, pour assurer la logistique repas de la rencontre. Marie-Agnès Wiss s'était déplacée de Mulhouse pour faciliter les inscriptions des coureurs. Enfin, Joël Caplain, délégué de O2&Cie, a réglé les questions d’organisation pour les malades présents.

Une belle expérience !

D’autres malades BPCO étaient de la partie, tel Daniel Cloix (photo), 58 ans, mâconnais, diagnostiqué BPCO et emphysème sévère en 2013, a parcouru devant son épouse Chantal (photo)– qui portait son oxygène – les 22 km qui séparait le point de départ de La Londe et retour. Il s’est mis en selle il y a peu de temps, après avoir grimpé la Roche de Solutré en début d’année et s’être mis au vélo cet été en vue de la rencontre hyéroise. Hospitalisé en mars 2015, il est sorti de son établissement avec de l'oxygène, qui ne le quitte plus depuis. On lui trouvera par la suite une tumeur cancéreuse au poumon qui nécessitera 33 séances de radiothérapie jusqu'en août dernier 2015.

C'est avec son kiné, Benoit Chabert, que l'idée de participer à la course de Hyères a germé. "J'ai, dans un premier temps réussi à faire 3 km sans dénivelé avant de monter la roche de Solutré (qui a 150 m de dénivelé). Mon kiné m'a donné des conseils pour grimper : marcher doucement pour arriver en haut." Début juin, il envoie un mail à Philippe pour lui faire part de son inscription. "C'est grâce à lui que j'ai pu y aller : ses vidéos ses exploits m'ont complètement bouleversé. Je me suis dit : tu dois essayer ! Philippe qui m'a alors invité à Hyères. Mais je n'avais jamais fait vraiment du vélo. Je n'en ai pas. J'ai emprunté celui de mon fils. Je me suis entraîné avec mon épouse  Chantal en mai dernier." Depuis le 1er août, André a couri 300 km le long de la Saône, sur la voie bleue et la voie verte (de Cluny à Tésée). Depuis il se sent mieux, presque en forme, n'était-ce son handicap respiratoire. "Je tire comme conséquence de cette participation que beaucoup de gens bien portant - et d'autres moins malades -, nous tendent le bras pour que nous sortions de notre isolement. Voir de vrais coureurs à côté de moi, dont un ancien champion du monde, c'est encourageant. C'est une belle expérience que je conseille à d'autres ! L'an prochain, si je peux faire un peu plus je le ferai."

Une victoire personnelle

André le Marec (photo), toulonnais, malade pulmonaire depuis 2012, opéré deux fois d’un cancer du poumon en 2014 et 2015, s’est également remis en selle en mai, après une visite de Philippe Poncet au centre de réhabilitation respiratoire (R&R) René Sabran, à Gien où André se trouvait . Il a couru sous les couleurs de l'association "Un Brin d'Air" (Giens) sur la Lucien Aimar, grâce à ce séjour en centre et après avoir pris connaissance des défis lancés à la BPCO par Philippe, qu’il considère être « un exemple à suivre pour tous les malades respiratoires qui veulent sortir de leur isolement et reprendre goût à la vie". " Après trois mois en R&R, j'avais repris du poil de la bête. J'ai repris le vélo et j'ai engrangé les kilomètres, progressivement. Philippe est venu nous voir pour nous parler de sa maladie, de ce que les malades insuffisants respiratoires peuvent faire. J'ai eu le courage, l'envie, grâce à cette R&R et au témoignage de Philippe." " Je conseille à tous les malades d'aller dans un centre de R&R. On va leur redonner confiance en eux. Ils vont échanger. Il faut sortir de l'isolement. C'est une victoire personnelle.

Jean-Luc Parmentier (photo à d.) a également couru sous les couleurs de "un brin d'Air", association de Giens (83), aux côtés de son épouse Géraldine, accompagné par Jean-Marie Espinosa..

Le soir du 4 septembre dernier à Hyères, nombreux étaient ainsi ceux qui, malades BPCO ou d’autres pathologies respiratoires, s’étaient redonnés de nouveaux objectifs pour leur avenir. La route de Philippe Poncet devrait le conduire en octobre prochain au vélodrome de Saint-Quentin en Yvelines pour un nouveau record du monde. Au délà, O2&Cie donnera rendez-vous à ses fidèles soutiens pour alerter une nouvelle fois les pouvoirs publics sur ce fléau qu'est la BPCO. "Les malades BPCO sont de plus en plus jeunes, martèle Philippe. Il faut une politique de prévention digne de ce nom. Communiquer sur le tabac comme on va le faire de septembre à novembre avec l'opération "Moi(s) sans tabac" est une bonne chose. Mais omettre de citer la BPCO, dont la cause principale est le tabac, dans la campagne d'information publique, serait criminel".

JJ Cristofari

Dans les coulisses de la Lucien Aimar

L'association Calais Respire était également bien représentée à la Lucien Aimar. Pour la circonstance, Jean-Paul Vasseur (photo), son président, est descendu de Calais avec de fidèles soutiens pour assurer la logistique restauration pour les soirées festives et amicales de la rencontre ainsi que pour le déjeuner de l'après course, pour lequel plus de 350 repas ont été servis dans des conditions record. Les Hauts de France étaient particulièrement bien représentés sur la plage où s'est tenu le déjeuner final de l'épreuve.

Enfin, l'organisation de la Lucien Aimar-O2&Cie, "le Souffle c'est la vie" doit également beaucoup à la présence de Marie-Agnès Wiss (photo), accompagné de Christine Georges, membre de l'association AIRSA (Mulhouse) qu'elle préside. Grâce à ces bénévoles, venues spécialement pour cette course, les participants de la Lucien Aimar ont pu s'inscrire et se munir de leur indispensable plaque d'identification.

Haut