Dépistage et traitement

Quelle politique de dépistage?

La BPCO bénéficie de progrès incontestables dans sa prise en charge thérapeutique individuelle. Mais pour que ces progrès puissent réellement bénéficier aux malades, encore faut-il que la BPCO soit détectée. Des symptômes volontiers banalisés ou sous-estimés par les personnes atteintes (essoufflement, difficulté à monter des escaliers, à se déplacer vite etc) conduisent nombre de malades à ne consulter réellement un médecin que lorsque la maladie est déjà avancée.
Depuis la mise en place du Plan BPCO 2005-2010, les sociétés savantes ont préconisé des mesures systématiques de la fonction respiratoire dans les populations à risque : en particulier les fumeurs actifs, les anciens fumeurs de plus de 40 ans dont le tabagisme a été supérieur à 10 paquets par an, mais également les personnes qui ont pu être exposées dans leur vie professionnelle.
Des études en population sélectionnée ont permis d’identifier les secteurs professionnels associés à des risques importants de BPCO. Les principaux sont le secteur minier, le bâtiment et les travaux publics, la fonderie et la sidérurgie, le textile et certaines activités agricoles comme l’élevage de porcs, le milieu céréalier et la production laitière. Des nuisances professionnelles sont associées à un risque accru de BPCO : sont évoqués la silice cristalline, les poussières de charbon, de coton, de céréales, les endotoxines bactériennes et le cadmium. La responsabilité des émissions des moteurs diesels a aussi été évoquée.

La modalité de détection la plus simple de la maladie reste la mesure du souffle qui peut être effectuée chez le médecin traitant à l’aide d’un appareil simple, un minispiromètre électronique mesurant le volume expiré maximal à la 1re seconde (VEMS). En fonction du résulat, une spirométrie peut être demandée un centre d’examens de santé de l’Assurance maladie ou dans les centres de médecine du travail, ou encore chez un pneumologue.

Étant donné la diversité d’expression des symptômes et leur caractère parfois tardif, le diagnostic de BPCO doit être évoqué et recherché, dès l’âge de 40 ans :

  • chez les patients ayant une toux chronique, avec ou sans expectoration
  • chez les patients dyspnéiques (dyspnée progressive, persistante, manque d’air…)
  • une exposition au tabac en général de 10 paquets/années ou plus
  • une exposition au risque professionnel

Dans ces cas, une confirmation est nécessaire par spirométrie complète.

Quel type de traitement pour la BPCO ?

Une fois la BPCO installée, il n’existe pas de médicament pour la guérir. En revanche, pour stabiliser la maladie des traitements existent et permettent d’éviter son aggravation.
Le premier traitement à suivre est d’arrêter immédiatement le tabac :

car l’agression par la fumée est responsable de l’inflammation des bronches. La prescription de médicament visant à lutter contre cette inflammation restera inopérante si le tabagisme est poursuivi. Pas question de réduire seulement la consommation : il faut impérativement la stopper définitivement ! C’est le seul moyen d’enrayer la progression de la maladie et il n’en est pas d’autre. Pas question donc non plus de fumer des cigarettes « légères » ou dites « électroniques » : elles sont aussi toxiques et l’inhalation plus intense (les fumeurs « tirent » plus fort sur une cigarette légère) permet à la fumée de pénétrer beaucoup plus profondément dans les bronches…

Le traitement sera adapté au stade de la BPCO (voir page « maladie et syndrome ») et aux symptômes des patients. La plupart des traitements sont des traitements inhalés c’est-à-dire « locaux » :

  • des médicaments sous forme d’aérosol doseurs (avec gaz propulseur). Ils peuvent être utilisés ou non avec une chambre d’inhalation.
  • des dispositifs pour inhalation de poudre, la poudre est transportée uniquement par l’air inspiré par le patient.
  • des solutions pour inhalation par nébuliseur. Il s’agit d’appareils qu’il est possible de louer ou d’acheter à votre pharmacien. le nébuliseur se compose d’un masque relié à une cuve par un tuyau en plastique ; le récipient qui accueille la solution se trouve au niveau de l’unité centrale du nébuliseur.

Il est important que le patient respecte la technique d’inhalation correspondante correctement et observe bien le traitement prescrit.

La classe principale de médicaments adaptés à la BPCO est représentée par les broncho-dilatateurs : ceux-ci agissent pour « relâcher » les muscles situés autour des bronches et ainsi diminuer l’obstruction.
Il en existe deux grandes familles, avec dans chacune de ces familles, des médicaments d’action rapide (utilisables 4 à 6 fois par jour) et de longue durée d’action (prise unique ou 2 prises par jour).

Ces médicaments sont administrés par différents dispositifs en fonction de la marque, mais quel que soit le médicament choisi par votre médecin, il est indispensable que vous sachiez correctement l’utiliser sous peine d’inefficacité. N’hésitez pas à demander à votre médecin ou à votre pharmacien de réaliser une démonstration…Certains broncho-dilatateurs (comme la théophylline) peuvent être administrés par vois orale, en comprimés.

Parfois, chez les patients porteurs d’une BPCO évoluée, ou responsables d’exacerbations fréquentes, les broncho-dilatateurs sont associés (dans un même dispositif ou dans un dispositif différent) à un corticoïde inhalé. Dans ce cas, il faut bien se rincer la bouche après les prises, afin de ne pas développer de « mycose » (champignons) dans la bouche.

Lors des exacerbations, le traitement peut être renforcé selon votre état : les doses du traitement de fond peuvent être augmentées, des corticoïdes par voie orale peuvent être introduits, ainsi que des antibiotiques. De même, votre pneumologue peut vous prescrire des aérosols (nébulisation avec un petit appareil loué en pharmacie) qui permettent de délivrer plusieurs fois par jours des fortes doses de broncho-dilatateurs. Quoi qu’il en soit lors d’une exacerbation, il éviter de s’auto-médiquer et surtout toujours consulter votre médecin traitant et respecter ses prescriptions.

La vaccination annuelle contre la grippe, et tous les 5 ans contre le pneumocoque est conseillée pour diminuer le risque d’exacerbation.

Dans les formes évoluées de la BPCO, la mise en place d’oxygène au long court à domicile est parfois nécessaire. Les indications en sont très précises. Il existe des bouteilles d’oxygène portable (et rechargeables) qui vont permettront de vous déplacer.

Enfin, parfois la mise en place d’une assistance respiratoire par une Ventilation Non Invasive est nécessaire pour les patients porteurs d’une insuffisance respiratoire tellement sévère que le poumon ne peut plus assurer son rôle d’élimination du gaz carbonique.

Le traitement par oxygène (oxygénothérapie) n’est indispensable qu’au stade d’insuffisance respiratoire, c’est à dire lorsque le malade manque d’oxygène dans le sang.

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