La réhabilitation respiratoire : des bénéfices certains pour les malades BPCO

La réhabilitation est désormais en grade A dans la « Evidence Based Medecine », c’est-à-dire que sa recommandation est tout à fait reconnue pour les malades BPCO, quel que soit leur niveau d’handicap ou de sévérité. On peut déplorer, au niveau national, le manque de centres de R&R, mais également de formateurs ou de formations des soignants travaillant dans ce domaine.

Favoriser une « alliance thérapeutique »,

Il faut distinguer le réentraînement à l’effort, qui ne serait que de la bicyclette, de la réhabilitation qui est une activité physique au sens large et de l’éducation thérapeutique, faite par des éducateurs à la santé, par des psychologues ou des infirmières.

La réhabilitation consiste bien à prendre en charge un individu dans sa globalité.

Il y a un temps pour l’examen du patient par les épreuves d’effort, par les examens pneumologiques traditionnels et par une évaluation de la qualité de vie et des contraintes sociales. Ensuite, il faut organiser une réhabilitation, qui peut se tenir à domicile, dans certains contextes et pour certains sujets. Mais la plupart vont en centre, bénéficier d’une phase qualifiée d’intensive, suivie d’une post- réhabilitation qui se déroulera au sein de réseaux ou d’associations. Cette dernière phase n’exclut pas pour autant un retour en centre. Tout ce ci doit être ajusté à l’état de santé des malades, autour de ce que les anglo-saxons dénomment une « alliance thérapeutique », soit des collaborations entre professionnels en vue de soins ajustés à l’état des malades

Depuis les années 2002, 2003, des réseaux de réhabilitation et de post-réhabilitation se développent, par l’intermédiaire d’associations de patients, dont certaines sont affiliées à la FFAAIR, en vue d’encourager le maintien de cette réhabilitation. Ce mouvement prend de l’ampleur et on commence à voir un maillage de la France autour de ces réseaux de réhabilitation.

Un manque criant de dépistage précoce des BPCO 

Les malades doivent bien entrer dans un nouveau processus de soins : « Ce n’est pas une prise en charge ponctuelle, mais bien un processus au long cours. Il faut prendre en compte la globalité et la particularité des individus en état d’insuffisance respiratoire pour ajuster au mieux, en fonction de l’état d’avancement de la maladie, des traitements mais aussi des hygiènes de vie bien spécifiques.

Il faut aussi souligner le manque criant de dépistage précoce des patients BPCO : En France, seulement un BPCO sur trois est véritablement détecté en médecine générale. Des efforts importants de communication doivent être faits en direction des généralistes pour dépister précocement des personnes, qui si elles sont prises en charge assez tôt, vont non seulement améliorer leur durée de vie, mais également leur qualité de vie par la réhabilitation.

Il existe bien dans les textes de la sécu, une ligne pour permettre aux professionnels de santé de facturer les actes associés à une réhabilitation. Le seul problème est qu’elle n’est pas remboursée ! Mais dans la mesure où la réhabilitation ne peut pas être l’activité d’un seul soignant – pneumologue, kiné – mais bien d’une équipe, il faut effectivement que cela puisse être coordonné par un pneumo, mais aussi que chacun apporte se pierre à l’édifice à l’accompagnement du patient. L’Etat ne l’a pas considéré comme tel.

La réhabilitation permet de réduire de 50 % les hospitalisations en urgence et d’améliorer le recours aux pneumologues, chez qui les malades vont de manière plus programmée. Pour 1 euros investi en réhabilitation, la Sécu pourra économiser 5 euros en dépenses non programmées.

[Source : Pr. Grégory Ninot, spécialiste dans la psychologie des maladies chroniques et spécialiste dans la réhabilitation respiratoire, formateur.]

Haut