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Vu et lu dans la presse,Quotimed.com du 12/07/2009
La BPCO sévère touche aussi la cognition 07-08-2009, Quotimed.com du 12/07/2009![]()
Chez des patients atteints d’une BPCO sévère, suivis pendant plusieurs années, une étude américaine confirme et précise le déclin cognitif lié à l’hypoxie cérébrale.
C’EST UNE CONFIRMATION par les nombres qu’un travail américain apporte sur la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Chez les sujets sévèrement atteints, en quelques années, se constituent des troubles de la cognition. Des études antérieures avaient suggéré cette relation mais leur valeur scientifique insuffisante nécessitait une confirmation. William H. Hung et coll. (New York) ont pris comme base de travail les données d’une étude menée de 1996 à 2002, la « Health and Retirement Study » (étude santé et retraite). Les participants y subissaient, outre des bilans de santé, des tests cognitifs en 35 items. Hypoxie cérébrale. C’est ainsi qu’ont été enrôlés 4 150 adultes de plus de 50 ans. Parmi eux, 12 % ont déclaré souffrir de BPCO, dont 29 % d’une forme sévère et 71 % de façon plus modérée. Au cours des tests cognitifs biennaux, les sujets les plus âgés atteints de l’affection respiratoire réalisaient de moins bonnes performances aux tests que les participants indemnes. En cas de BPCO sévère, les résultats montraient 2,6 points de moins que chez les individus sains et 0,9 point de moins en cas de BPCO modérée. Lorsque les données ont été ajustées en fonction des variables confondantes, la baisse passait à 0,9 point pour les patients les plus sévèrement atteints et n’existait plus pour les formes modérées. Des travaux antérieurs avaient permis d’évaluer qu’une perte de 0,26 point par an sur 7 ans majorait de 0,45 le nombre moyen de difficultés rencontrées au cours de la vie quotidienne. Ce sont d’ailleurs ces perturbations qui inquiètent les auteurs. Ces handicaps fonctionnels touchent des tâches exécutives comme l’utilisation de monnaie, la cuisine, les courses… et la prise de médicaments, voire l’utilisation d’inhalateurs ou d’oxygène. Comme l’expriment justement les auteurs, des erreurs dans les prises thérapeutiques ne peuvent que contribuer à l’aggravation de la BPCO et donc des troubles cognitifs. L’explication au lien entre les deux pathologies se fonde sur l’hypoxie cérébrale. Elle peut créer la perte cognitive, mais aussi exacerber des neurodégénérescences, telle la maladie d’Alzheimer. Cette hypothèse est d’ailleurs confortée par des études en neuro-imagerie. Elles ont montré des perturbations de la perfusion cérébrale au cours des BPCO sévères. La conclusion du travail est en forme de mise en garde. Les auteurs suggèrent aux praticiens chargés de tels patients de rechercher les signes d’un déclin cognitif. Dr GUY BENZADON source : « American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine », 15 juillet 2009. |