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Une campagne dédiée aux femmes

20-02-2010,

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La BPCO progresse plus rapidement chez les femmes que chez les hommes. En France, la proportion de fumeurs réguliers, c’est-à-dire de ceux qui fument au moins une cigarette par jour, est, en 1953, de 17 % chez les femmes et de 72 % chez les hommes. Elle passe en 2007 à 25 % chez les femmes (+ 47%) et à 34 % (- 53 %) chez les hommes. 6 femmes pneumologues s'en sont émue et ont décidé de lancer une campagne d'information destinée particulièrement aux femmes.


Encore aujourd’hui, la Broncho-Pneumopathie Chronique Obstructive (BPCO) est considérée comme une maladie réservée aux hommes. Pourtant, 40% des malades en France sont des femmes ! (1) Plus sensibles aux méfaits du tabac, les femmes ont une altération de la fonction respiratoire plus rapide que les hommes (2). Selon l’InvS, le taux de mortalité de la BPCO a augmenté, entre 1979 et 1999, de 78 % chez les femmes contre seulement 21 % chez les hommes (3).

Cette maladie chronique qui altère le débit respiratoire touche aujourd’hui autant de malades que l’asthme et tue plus que les accidents de la route. Pourtant, elle reste méconnue et sous-diagnostiquée. On estime que 2 malades sur 3 s’ignorent (1)

Pour lutter contre la progression de cette maladie notamment chez les femmes, 6 femmes pneumologues, initient une campagne nationale de sensibilisation féminine, de janvier à septembre 2010. L’objectif principal de cette mobilisation est d’informer et d’alerter les femmes sur cette pathologie afin de favoriser un dépistage et une prise en charge plus précoces. Une campagne pour lutter également contre les idées reçues : la BPCO ne concerne pas uniquement les fumeurs âgés qui toussent et crachent mais aussi des femmes de 40 ans.

La BPCO : un problème de femmes !

La BPCO progresse plus rapidement chez les femmes que chez les hommes. Aux Etats-Unis, le nombre de nouveaux cas de BPCO a augmenté de 36 % dans la population féminine entre 1980 et 2000 contre une baisse de 21 % chez les hommes.(4)


Ce constat peut être mis en parallèle avec la forte augmentation du tabagisme chez les femmes. En France, la proportion de fumeurs réguliers, c’est-à-dire fumant au moins une cigarette par jour, était, en 1953, de 17 % chez les femmes et de 72 % chez les hommes. Cette proportion est passée en 2007 à 25 % chez les femmes (+ 47%) et à 34 % (- 53 %) chez les hommes (5)

La femme, une patiente sensible

Aujourd’hui, de nombreuses études tendent à prouver que la femme est plus sensible que l’homme aux méfaits du tabac (2). Les poumons des femmes sont plus fragiles que ceux des hommes face aux agressions. Certains travaux montrent que le tabagisme ralentit la croissance pulmonaire spécifiquement chez les jeunes filles par rapport aux garçons du même âge (6).
En mai 2009, à l’occasion de l’American Thoracic Society (ATS), les résultats d’une étude menée auprès de 954 patients atteints de BPCO ont démontré que les femmes développent une BPCO plus sévère que les hommes, pour un niveau de tabagisme plus faible (7). Les causes en sont encore inconnues, mais la taille des poumons et un métabolisme différent pourraient en partie l’expliquer.

La femme, une patiente discrète

Toux grasse, crachats et essoufflement constituent le cortège symptomatique de la BPCO. Des signes trop souvent banalisés par les fumeurs. Culturellement, la femme ne crache pas, tout du moins ne l’avoue pas. Par coquetterie, elle ne signalera à son médecin que son essoufflement, d’où un sous diagnostic conséquent.


Stop aux idées reçues

Dans l’imaginaire collectif, la BPCO reste une affaire d’homme. Ce préjugé est confirmé par l’étude de K.Chapman en 2001 dans laquelle le diagnostic de BPCO était significativement plus cité lorsqu’il concernait un homme : 64 % contre seulement 49 % s’il s’agissait d’une femme présentant les mêmes symptômes (p <0,05) (8).
Le diagnostic le plus souvent et le plus facilement évoqué pour une femme était l’asthme. (9) Ce constat retarde d’autant plus le dépistage d’une BPCO qui, par conséquent, sera prise en charge tardivement.

Une qualité de vie plus altérée

La qualité de vie serait également davantage altérée chez les femmes traduisant une limitation accrue des activités physiques mais aussi des troubles anxieux plus fréquents, une tendance accrue à la perte de confiance en soi, voire même à la dépression, autant de conséquences de la BPCO féminine. Les études montrent en effet que le retentissement social de la BPCO chez la femme est plus important que chez l’homme, avec une tendance plus importante à l’isolement.(9)

Une campagne dédiée aux femmes

6 femmes pneumologues s’adressent particulièrement aux femmes.
La BPCO doit être connue de tous et de toutes.
Dès 40 ans, toute fumeuse devrait consulter son médecin généraliste pour mesurer son souffle. Simple et rapide, le dépistage permet d’enrayer le déclin respiratoire. La meilleure des préventions reste l’abstinence tabagique active et passive dès le plus jeune âge.


Cette campagne sera présente plusieurs mois sous forme :


·    d’affiche dans les salles d’attente des pneumologues et médecins généralistes
·    d’un livret patient sur la BPCO et l’importance du dépistage
·    d’une brochure destinée aux médecins concernant les spécificités de la BPCO chez les femmes


 Les six femmes pneumologues à l’origine de la campagne :


·    Dr Anne Prud’homme - Service de pneumologie, Centre hospitalier de Bigorre (Tarbes)
·    Dr Elisabeth Biron - Service de pneumologie, Hôpital Privé Jean Mermoz (Lyon)
·    Dr Cécilia Nocent-Ejnaini - Service de pneumologie, Centre Hospitalier de la Côte Basque (Bayonne)
·    Pr Chantal Raherison - Service de pneumologie, Hôpital Haut Lévêque (Pessac)
·    Dr Camille Taillé - Service de pneumologie, Hôpital Bichat (Paris)
·    Pr Isabelle Tillie-Leblond - Service de pneumologie, Hôpital A Calmette (Lille)

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1- Etat des lieux de la BPCO en France en 2005 , Rev Mal Resp 2006
2- Wen Qi Gan, SF Paul Man, Dirkje S Postma, Patricia Camp, Don D Sin : Female smokers beyond the perimenopausal period are at increased risk of chronic obstructive pulmonary disease: a systematic review and meta-analysis, Respiratory Research 2006
3- C. Fuhrman, Mortalité liée à la BPCO en France métropolitaine, 1979-2003. BEH thématique 27-28, 03 juillet 2007
4- Mannino David M et al. Chronic Obstructive Pulmonary Disease Surveillance. United States
5- «International Tobacco Control», projet d’évaluation des politiques publiques de lutte antitabac. Rapport national ITC France. Février 2009.
6- Gold DR et al. Effects of cigarette smoking on lung function in adolescent boys and girls. N Engl J Med.
7- Soerheim IC. Et al. Gender differences in COPD – Are women more susceptible to smoking effets ? Abstract présenté lors du congrès de l’American Thoracic Society en mai 2009.
8- Chapman KR et al. Gender Bias in the Diagnosis of COPD.
9- C.Laurin, KL. Lavoie, SL. Bacon, G Dupuis, G Lacoste, A Cartier, M Labrecque : Sex Differences in the Prevalence of Psychiatric Disorders and Psychological Distress in Patients With COPD.

(Source : laboratoire AstraZeneca)


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